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CONSOMMATION

Vendredi 4 août 2006

Un système dans le système ultralibéral    

 

Le lundi 10 Juillet la section du P.C.F.de Joigny faisait part de son hostilité sur l'implantation d'un super marché, (http://pcf.sectionjoigny.over-blog.com/archive-07-10-2006.html  ). Comme nous vous l'avions promis voici le fonctionnement de la Grande Distribution :  

Un univers complexe 

 Un univers composé de sociétés cotées en bourse :

Carrefour (Famille Halley 20,34% - salariés 3,58% – public 76,08%), Casino (Groupe Rallye 47,34% (Jean Charles Naouri) et 61,94% des droits de vote – salariés 2,33%, Famille Guichard 2,08%, Public 44,27%), de groupes familiaux non cotés en bourse : Auchan (100 000 salariés pour 15% - Groupe familial Mulliez 85%), Cora (Groupe familial Delhaize), Aldi (Frères Albrecht), Lidl (Groupe familial Schwarz de groupements d’adhérents propriétaires chacun de leurs magasins et associés dans les « sociétés » composant les groupements : Leclerc, Intermarché, Système U. Chaque adhérent doit participer (un tiers de son temps et en fonction de ses compétences) au fonctionnement du groupement,  de sa centrale nationale de référencement et ses centrales d’achat régionales.

Selon l’Enseigne Leclerc sa part de marché en France serait de 17,1%, celles de Carrefour 14,8%, Intermarché 10,8%, Auchan 10,5%. Système U s’attribue 8,4%. Par comparaison nous estimons celles de Casino à 15,5% et de Cora à 7%. La simplicité des sites Internet et la grande discrétion d’Aldi et de Lidl ne permettent aucune estimation

Certains groupes communiquent leur chiffre d’affaire ventilé  France, autres pays Europe, reste du monde.

 Le Groupe Carrefour est aujourd’hui incontestablement le numéro 2 mondial loin derrière Wall Mart (USA : 300 milliards de dollars, 1,6 millions d’employés, 5200 magasins dont 3700 magasins aux USA). L’ombre de Wall Mart, aujourd’hui surtout centré sur les USA et seulement sur une dizaine de pays (contrairement à Carrefour (30 pays)), plane régulièrement sur l’Europe (construction d’une plate forme importante de logistique sans encore y posséder de magasins).  Régulièrement la possibilité de rachat de Carrefour, ou de Casino, cotés en bourse,  est évoquée dans la presse.

Grande Distribution La Pieuvre

 Une enseigne peut en cacher d’autres

 Aldi : c’est Aldi Nord et Aldi sud. Chaque frère  octogénaire  a ainsi son autonomie.

 Auchan : c’est Auchan et Atac. Ce groupe familial est aussi propriétaire de Leroy Merlin,  Boulanger, Décathlon, Kiabi, Pinkie, Flunch, Pizza Paî, Saint Maclou, Norauto, Alinea, Picwic, Kiloutou, Les 3 suisses.

 Carrefour : c’est Carrefour avec des magasins franchisés (Coop Atlantiques – Guyenne Gascogne–Hyparlo–Provencia), 1024 Champion dont 405 franchisés, ED/DIA, Marché plus, Shopi/Proxi, 8 à Huit (778 franchisés), Sherpa, et Promocash, Prodirest pour les professionnels.

 Casino : c’est Petit Casino, Spar (16.000) dans le monde, Vival, Ecoservice, Casitalia, 629 Franprix dont 294 franchisés, 421 Leader Price  dont 171 franchisés, Casino super marché, 303 Monoprix  dont 64 franchisés, 113 Géant, Géant discount et 257 Casino cafétéria.

 Cora : c’est 81 Cora, 257 Match, 146 Smatch en Hongrie Belgique Luxembourg, 137 Profi  en Belgique, Hongrie, Roumanie, et 54 Ecomax aux Antilles et Guyanne. Ce groupe possède aussi Truffaut, Animalis et Houra.fr.

 Intermarché : c’est 1492 Intermarché, 317 Ecomarché supérette, 400 Relais des Mousquetaires et 318 Netto. Ce groupe d’indépendants s’est diversifié avec 463 Bricomarché, 69 Logimarché, 73 Restaumarché, 134 Roady (automobile), 163 Vétimarché, 8 Espace Loisir.

 Leclerc : c’est Leclerc et des filiales E Leclerc Voyages (147), Devinlec : les bijoux (252), Parapharmacie (90) Beauté (31) Espace Culturel(102), Siplec : le carburant.

 Système U : c’est Hyper U, Super U, Marché U et en cours de test Super U économique.

 Mentionnons aussi le groupe Francap qui avec un chiffre d’affaires de 5 milliards et 12.000 collaborateurs dessert 6.000 magasins 360 Supermarchés, 1170 supérettes et 4500 Libres services (Coccinelle-Coccimarket (franchisés), G20, Diagonal, Colrut, Sitis, Votre marché, Vineco, Panier sympa…)

Consommateurs et Coopérateurs Dans cet ensemble le mouvement des consommateurs coopérateurs ne fait que figure de témoin. Selon les coopératives, elles ont choisi des voies opposées.

     Les 386.389 Associés de Coop Atlantique clients de ses magasins  sont partenaires de Carrefour pour les achats et l’utilisation des enseignes Carrefour et Champion (264 points de vente implantés dans le Centre-Ouest).

  Le Groupe Coop Alsace (130.000 familles sociétaires – 4.200 collaborateurs – 250 points de vente pour près de 0,8 milliards de chiffre d’affaires) a fêté ses 100 ans en 2002. Il développe les hyper Rond Point, les super Maxi, les supérettes et points Coop, et le discount avec Mutant et Mutant  Express. Alors que des managers indépendants (Intermarché, Leclerc, Système U) ont su se grouper et agir ensemble. Le Group Coop Alsace est le seul modeste témoin de la participation des consommateurs à la grande distribution.

  .De la disparition du petit commerce à sa maîtrise par la grande distribution

 En quarante ans 10 enseignes et centrales d’achat ont conquis une position dominante. Pendant ce temps, la population française augmentait de plus de 30%, 190 000 commerces de proximité (moins 61%) disparaissaient et la Grande distribution générait un nouveau commerce de proximité de 9 à 10.000 points, pour majorité en Franchise. Ces commerçants sont toujours libres, libres d’assumer les risques financiers et de gestion. Une  différence : ils ont perdu la maîtrise de leurs fournisseurs. Pour leurs achats ils sont totalement liés à la centrale d’achat de leur Groupe.

 Pour l’automobile, de 1975 à 1995 le parc doublait, mais 30 000 stations services de proximité fermaient, remplacées par 3 000 stations en grande surface. Elles distribuent désormais 1 litre de carburant sur 2. L’enjeu était de taille par exemple pour l’enseigne Leclerc le carburant représente (5,3 milliards) soit 22,8%, presque le quart du chiffre d’affaire hors carburant de l’enseigne. (Test sur le trajet Paris Avignon le 22/06/06 GPL Carrefour 0.72, Leclerc 0,729, autres stations 0,73).    

 Hyper, Super, Supérette,  

 L’hyper a une surface de 3 000 à 20 000m², de 20 000 à 80 000 produits et compte de 250 à 750 collaborateurs

 Le Super a une surface de 2 000m² et plus, offre 10 000 références et emploie de 25 à 250 personnes. En ville il offre surtout des produits alimentaires, en zone périurbaine ou rurale il élargit son offre au non alimentaire ( textile, presse, CD, Vidéo)   Intermarché le fait évoluer dans un sens favorable au consommateur.

 La Supérette a une petite surface et joue la proximité. Son développement est peu coûteux en capitaux puisqu’il est opéré en grande partie par franchise (Spar et Vival notamment groupe Casino) ou par affiliation..

 Chez Casino son dynamisme se traduit aussi dans la conclusion d’accords d’affiliation significatifs: début 2006, un accord d’affiliation du groupe Toupargel, spécialiste de la livraison à domicile de produits alimentaires auprès des particuliers, a été conclu avec EMC Distribution, centrale d’achats du groupe Casino, et un second accord a été signé avec 1’DIS, filiale du groupe Altadis, qui opère sur plus de 60 000 points de vente l’approvisionnement en familles de produits telles que l’épicerie, la confiserie, les boissons. Enfin, les supérettes ont enrichi leur relation de proximité avec leurs clients en signant un accord de partenariat avec La Poste qui s’est d’ores et déjà concrétisé par l’implantation de “Points Poste” dans 50 magasins, avec des résultats très encourageants de progression du chiffre d’affaires et de la fréquentation.

 .Conquérir, perdre, reconquérir chaque jour ses parts de marché. 

 C’est le lot quotidien des équipes dirigeantes tout particulièrement des groupes leaders Carrefour, Casino, Intermarché, Leclerc.

 Certains ont choisi les implantations à l’étranger dans les pays émergents (Chine : Carrefour (70 Super, 215 Dia) – Auchan (72 Hyper Auchan ou RT Mart) - Amérique du sud : Carrefour et Casino.

 Ils ont tous choisi la diversification de l’offre à leur client, l’annonce régulière d’innovations plus ou moins réelles, la mise en oeuvre de programmes de fidélisation de leurs clients.

 Diversification et innovations

1959 Casino impose l’apposition de la date limite de vente sur tous les produits avant qu’elle soit rendue obligatoire par la loi

 1960 La législation sur le refus de vente est modifiée, E Leclerc gagne ses premiers procès contre les marques qui  le boycottaient. Tous les centres E.Leclerc signent un contrat et s'engagent à acheter directement au producteur et à ne vendre que des produits de marque.

 1962 E Leclerc après avoir défendu les agriculteurs bretons, épouse la cause des producteurs laitiers qui combattent le pouvoir des coopératives.

 1973 E Leclerc combat  la loi Royer (tout projet de plus de 1000 m² de surface est soumis à autorisation des pouvoirs publics.

 1974 Intermarché: signature : « Les Mousquetaires de la distribution »

 1975 E Leclerc soutient les pêcheurs et dénonce les marges pratiquées par le marché de Rungis.

 1976 Carrefour lance des produits libres « sans nom de marque aussi bons mais moins chers »

1979 Leclerc part en croisade contre le monopole des compagnies pétrolières

 1980 Intermarché lance l’affichage du prix au litre et au kilo rendu obligatoire par décret deux ans plus tard

 1980 Carrefour propose de la Bijouterie (Polygone or) en 1986 Leclerc proposera "Le Manège à Bijoux"

 1980 Carrefour crée Le Journal de carrefour, Junior club

 1981 E.LECLERC outrepasse la loi qui impose le livre à prix unique. Avec des prix 20 % moins chers. 4 ans plus tard, il est le 2iéme libraire de France.

 1982 Carrefour propose des assurances  à ses clients 

 1982 Carrefour lance la carte Pass  en 2000 E.LECLERC offre à ses clients le Service Consommateurs, une carte de fidélité. 1983 E.LECLERC distribue les produits de grands parfumeurs 1985 Carrefour signe ses produits (3000 références) et dépose des marques distributeur : Tex pour  le textile, First line pour l’électroménager, Reflet de France pour une gamme de produits du terroir. 1985 Intermarché lance l’Argus de la consommation.  1987 E.LECLERC commercialise des produits touristiques à prix réduits : E.Leclerc Voyages. En 1991 Carrefour proposera Vacances Carrefour, en  2006 Intermarché proposera des voyages en partenariat avec Fram.

1988 Carrefour signe « Avec Carrefour je positive »

1988 Le monopole cesse sur les produits de parapharmacie. Les Centres Leclerc créent une station-service sur l'autoroute.   

1991 Carrefour propose, Parapharmacie, Forme et beauté, Carrefour spectacles

1994 Système U signe avec « Les nouveaux commerçants »

1995 E.LECLERC lance le concept du sac consigné renouvelable à vie

1997 E.LECLERC lance sa MARQUE REPÈRE : «  les meilleurs produits du marché, aux meilleurs prix du marché »

2000 Carrefour modifie sa signature « mieux consommer »

2001 Intermarché pour le passage à l’euro bloque le prix de 10.000 produits jusqu’en juin 2002

2003 Carrefour cède à Alain Afflelou Carrefour optique

Il existe bien d’autres « évolutions et innovations » exemple :  la Carte cadeau Auchan, vous achetez une carte représentant un certain montant pour l’offrir à un de vos amis qui viendra la dépenser à Auchan

Discount

Des marges miraculeuses

Le Discount en Allemagne représente 30% des parts de marché  pour environ 10% en France.

Le concept Aldi, repris par presque tous les discounters, repose sur la volonté de proposer " la qualité au meilleur prix ". Seulement 700 références, et en moyenne, 8 personnes par magasin d’environ 650 m².

Le secret des prix bas pratiqués par cette enseigne est dû :

-    aux commandes importantes passées à long terme auprès d'un certain nombre de producteurs (grands fabricants internationaux et PME spécialisées),

-    à une véritable maîtrise de la logistique,

-    à la compression des coûts immobiliers en s'implantant à la périphérie et non dans le centre des villes,

-    à des magasins sobres et spartiates mais fonctionnels; toute manutention ou luxe inutiles sont bannis. Les produits sont présentés en racks dans les cartons de transport, les allées sont étroites et l'offre en fruits et légumes est très limitée. De plus, l'assortiment est restreint et la rotation des produits très rapide, ce qui permet de réduire les charges financières.

Casino confirme que la recette est excellente : « Le discount avec Franprix et Leader Price représente 23 % du chiffre d’affaires et 38 % du résultat opérationnel courant des activités françaises ». « Dans le discount les coûts s’élèvent à 13% du chiffre d’affaires et la marge à 8%. Alors que dans les hypermarchés les coûts atteignent 25% pour une marge de 2% » (Jean Charles Naouri). La société M+M Eurodata

La Grande Distribution c'est :

v     70 000 entreprises, 400 000 agriculteurs, 60 millions de consommateurs dépendent d’une dizaine d’équipes dirigeantes de centrale d’achat,

v     Des produits revendus 4 fois le prix payé aux producteurs en 2004 comme en 1950

v     Des prix de vente aux consommateurs qui ont augmenté de 13,7% contre 4% pour ceux payés aux fabricant

v     Six enseignes qui contrôlent 90% de la grande distribution et affichent des bénéfices de 1,5% à 2,25% du chiffre d’affaires

v     Des enseignes qui avec 2 à 3 mètres de linéaires de commerce équitable Nord/Sud, sur des centaines de mètres de linéaires Nord/Nord, tentent de se construire une belle et bonne image.

Il est temps que les Françaises et les Français décident démocratiquement et en transparence du rôle de la Grande distribution dans leur pays, qu’ils décident d’un Commerce Équitable  et solidaire en France et en Europe.

 

 

Par Section JOIGNY
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Dimanche 27 août 2006


Dans quel monde voulons-nous vivre ?
À Cachan, deux visages de la France

Par Laurence Cohen, secrétaire départementale du PCF du Val-de-Marne

Même si le mot « rafle » est lourd de sens, comment appeler autrement cette expulsion minutieuse, les arrestations des sans-papiers vers des centres de rétention, ce bouclage du quartier, la confiscation des maigres bagages de tous ces gens terrorisés ?

Horreur supplémentaire quand, le lendemain, les policiers ont chargé les femmes, les enfants, les hommes qui refusaient de plier aux injonctions préfectorales.

L’hébergement transitoire dans un gymnase de Cachan a fait reculer la violence et a redonné espoir d’une issue possible. Quelle émotion quand chacun et chacune est passé entre une haie de manifestants scandant leur solidarité !

On a vu là deux visages de la France, celui de la xénophobie, du racisme, du tout-sécuritaire, et celui de la générosité, du partage, de la fraternité.

Cette expulsion gigantesque n’est pas un signe de force mais plutôt le constat d’échec d’une politique de ségrégation, du tout-sécuritaire. Elle a entraîné des traumatismes graves. Elle ne fait qu’aggraver les problèmes posés tant en matière de logement que d’immigration.

Nicolas Sarkozy, en campagne électorale, peaufine son rôle de présidentiable. Tout d’abord, un discours bien rodé sur l’immigration choisie devant des milliers de téléspectateurs, et quelques jours plus tard le passage à l’acte avec l’évacuation du plus grand squat de France. Sous la pression de l’opinion publique, et notamment du monde scolaire, il avait été contraint d’accorder 6 000 régularisations ! Il fallait donc qu’il donne des gages à droite.

Les communistes et leurs élus refusent de laisser faire Nicolas Sarkozy, qui, en prônant une immigration choisie, sait qu’il pourra compter sur une immigration clandestine constituant, pour le patronat, une main-d’oeuvre corvéable à merci !

Face à ces pratiques indignes du XXIe siècle, nous avons joué un rôle incontournable pour participer à la résistance et à la riposte.

Les moments passés à Cachan hier et aujourd’hui avec les résidents, les associations, les organisations syndicales, la gauche antilibérale pour contrer ce gouvernement sont très intenses et lèvent des défiances qui pouvaient encore exister entre nous.

La force de ce qui s’est passé réside véritablement dans le « tous ensemble », même si la lutte est loin d’être terminée.

Le gouvernement encourage une sorte de guerre des pauvres en opposant les misères.

Aujourd’hui, alors qu’on assiste à la libre circulation des capitaux, des êtres humains sont jetés dans des charters pour être refoulés dans leurs pays d’origine. On veut ériger des murs autour d’une Europe forteresse, alors que les pays du Sud sont pillés par les pays du Nord.

Ces choix dictés par le capitalisme n’ont rien de fatal, « à chacun selon ses besoins » n’est pas un rêve, comme le souligne Lucien Sève.

Les richesses ne manquent pas sur la planète quand l’équivalent du PIB du Royaume-Uni (2 000 milliards de dollars) a été dépensé pour la guerre en Irak par les États-Unis.

Les richesses ne manquent pas en France pour construire des logements sociaux en nombre suffisant, quand le nombre des foyers touchés par l’impôt sur les grandes fortunes a explosé du fait d’une spéculation immobilière éhontée.

Des luttes comme celle de Cachan mettent en lumière des questions fondamentales : dans quelle France, dans quel monde voulons-nous vivre, voulons-nous que vivent nos enfants ? Autour de quelles valeurs, de quel projet la gauche peut-elle se rassembler pour transformer la société ?

Il y a urgence à mettre en débat à gauche les propositions alternatives pour les confronter.

Face au projet dévastateur de la droite, tout appelle à un véritable changement, dont les communistes sont des acteurs incontournables.

Par l'Humanité
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Vendredi 8 septembre 2006
L’opposition veut un débat sur le fond

La gauche parlementaire s’appuiera sur ses amendements pour traiter toutes les facettes du dossier.

La session extraordinaire de l’Assemblée nationale consacrée au projet de loi de privatisation GDF-Suez débute aujourd’hui. L’opposition, Parti socialiste et Parti communiste confondus, a déposé 137 327 amendements contre ce projet. Le ministre de - l’Économie et des Finances, Thierry Breton, y voit une « obstruction inadmissible ». La semaine dernière Jean-Louis Debré, le président de l’Assemblée nationale, s’est même fendu d’une lettre aux députés de gauche, les accusant de remettre en question « la démocratie parlementaire ». Réponse du président du groupe PS Jean-Marc Ayrault : « L’obstruction, c’est le coup de force que fait le gouvernement. » Pour le dénoncer, la bataille d’amendements qui s’annonce est « le seul instrument pour attirer l’attention de l’opinion publique sur quelque chose qui pourrait être irréversible », insiste François Hollande. Le Parti communiste, lui, justifie différemment sa stratégie. « Nous allons livrer une bataille de fond, sans concession », déclarait hier son président de groupe Alain Bocquet. Et d’évoquer le corps des amendements, « des propositions constructives appuyées sur l’intérêt national et européen, la préservation du service public, l’égalité des usagers, le respect du droit à l’énergie ». Les deux formations de gauche recevront le soutien de circonstance de l’UDF, qui par la voix de son président François Bayrou a annoncé mardi son intention de voter contre le texte.

La division des députés de l’UMP, à l’origine de l’ajournement du débat jusqu’à la session extraordinaire qui s’ouvre, est moins visible - aujourd’hui, même si « un noyau » évalué à 50 parlementaires UMP reste réticent à voter la fusion. Comme le député (UMP) de l’Essonne, Nicolas Dupont-Aignan, qui juge ce projet de loi « contraire à l’intérêt national ». Malgré cela, le gouvernement se dit « très confiant » d’obtenir une majorité parlementaire. Même Nicolas Sarkozy, l’ancien ministre de l’Économie, qui s’est dédit de sa promesse de ne pas laisser tomber la participation de l’État dans GDF au-dessous de 70 %, sera « solidaire », confie Patrick Devedjian, l’un de ses proches. Reste à tester la capacité de résistance au débat de la majorité. Les députés socialistes espèrent « forcer la main » du gouvernement au cours de cette session et « le faire reculer », lance le député du Val-d’Oise Dominique Strauss-Kahn. Le PCF profitera du débat pour interpeller le premier ministre, demandant un débat national « pour que les Français puissent se prononcer », suivi d’un référendum sur les enjeux énergétiques.

Selon Jean-Pierre Grand, député villepiniste de l’Hérault, le gouvernement pourrait hésiter à avoir recours à l’article 49-3 de la Constitution, qui permet d’adopter le texte sans vote par l’engagement de sa responsabilité. Dominique de Villepin, échaudé par son utilisation durant la crise du CPE, préférerait selon lui la suspension de débat, qui laisserait le projet de loi en suspens. Mais le premier ministre sera pressé par sa majorité. Jean-Louis Debré s’est déjà dit prêt à demander lui-même l’application du 49-3 « si jamais on persistait dans cette volonté de blocage des institutions ».

Grégory Marin

Par L Humanité
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Mercredi 13 septembre 2006
 
GDF / SUEZ
service public ou intérêts privés ?

En décidant de présenter un projet de privatisation de GDF, le gouvernement revient sur son engagement de 2004, voté par sa propre majorité et n’autorisant pas l’État à descendre sous la barre des 70 % dans le capital
de GDF. 
Si, demain, une étape majeure et supplé­mentaire de la privatisation de GDF était franchie, les tarifs du gaz senvoleraient encore. Ainsi que les bénéfices et la rémunération des actionnaires.
Vouloir fusionner GDF et Suez, ce nest pas mettre à labri, lensemble, dune OPA hostile. Ce nest pas en faire un grand groupe gazier : lactivité gaz de Suez ne représente que 25 % de celle de GDF. Cest en revanche vider les caisses du service public GDF pour les action­naires de Suez. Cest supprimer les emplois en doublon dans les deux entre­prises comme cest le cas pour toutes les fusions. Cest accepter les contreparties demandées par Bruxelles dans sa lettre de “ griefs ” et céder à la concurrence des activités importantes de lensemble fusionné. Il faut arrêter le projet gou­vernemental et examiner toutes les pistes pour protéger les activités et les salariés de Suez dune opération financière hostile, sans privatiser GDF.
Se chauffer et séclairer convenable­ment, pouvoir laver et repasser son linge, disposer de réfrigérateurs et de climati­seurs économes en énergie, avoir accès aux outils de communication, vivre tous les jours nécessite un accès équitable à lénergie. Cest pourquoi lénergie ne doit pas être une marchandise comme une autre, mais constituer un bien com­mun répondant aux besoins des femmes et des hommes. Elle ne doit pas servir à laccumulation de bénéfices pour quel­ques-uns.
Marchandiser lénergie, le gaz, cest pri­ver la société des moyens de répondre à des besoins essentiels pour léconomie, lindustrie, les coopérations internatio­nales ; cest priver les êtres humains de leurs droits, dégrader la qualité de ser­vice et la sécurité, aggraver les inégalités, sacrifier lemploi, le social, et lenviron­nement ; cest libérer les prix et donc exclure une partie de la population du droit à lénergie. Cest ainsi que davril 2005 à avril 2006 le prix de lélectricité produite par le secteur privé a vu ses tarifs augmenter de 48 % en France et que lécart des prix avec EDF atteint 66%.
La gauche revenue au pouvoir doit prendre lengagement dabroger toutes les mesures de privatisation prises par la droite, mais également de créer les conditions dun véritable service public de lénergie en France comme au niveau européen.
Dans ce sens, nous avançons quatre pro­positions pour une alternative à la priva­tisation : geler immédiatement la privati­sation de GDF et la fusion avec Suez ; engager un débat contradictoire et public sur lavenir de la politique éner­gétique associant toutes les parties concernées, élus, syndicats, usagers ; créer Énergies de France en fusionnant EDF et GDF, à 100 % public et en cons­tituant un pôle public de lénergie, ins­trument indispensable dune politique énergétique cohérente et maîtrisée ; ren­forcer la présence des organismes publics dans le capital de Suez (Caisse des Dépôts & Consignations, COGEMA, etc.) pour éviter le risque réel dOPA sur Suez ; garantir la sécurité dapprovision­nement et la stabilité des tarifs ; lEu­rope est confrontée à plusieurs défis sur lénergie : elle doit faire face au risque de pénurie, Pour y répondre, il faut sor­tir de la logique de guerre économique et des fusions-absorptions destructrices pour lemploi et incapables de répondre aux besoins. Une politique énergétique coordonnée et ambitieuse implique lar­rêt du processus de libéralisation. À lin­verse de la concurrence actuelle, il sagit au contraire dorganiser la coopération entre producteurs.
Avec une forte mobilisation des usagers, des élus des citoyens, des syndicats gaziers et électriciens, comme on la vu le 12 septembre, il est possible de stop­per la disparition de GDF.
 Les députés communistes sont déterminés, en sap­puyant sur votre mobilisation et votre action, à faire échec à ce projet de loi. Ils demandent louverture dun débat national et lorganisation dun référen­dumn.
Par Section JOIGNY
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Mercredi 20 septembre 2006
Débat GDF
Déclaration d’Alain Bocquet
 
 
 
 
Depuis l’annonce de la volonté du gouvernement de privatiser Gaz de France dans le cadre d’une fusion avec Suez, les députés communistes et républicains n’ont de cesse de contribuer à rassembler les salariés et les citoyens contre ce projet funeste qui démantèle le service public.
 
Ainsi, dès le début juillet, ont-ils pris l’initiative de lancer une pétition pour dire NON à la privatisation de Gaz de France et OUI à une maîtrise publique et sociale de l’énergie. Celle-ci a déjà recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures et son intérêt va grandissant.
 
Depuis le 7 septembre dernier en séance publique de l’Assemblée nationale, ils combattent avec pugnacité la privatisation, rappellent l’engagement solennel, en juin 2004, du Président de la République et de son ministre Sarkozy de ne jamais privatiser EDF et GDF, dénoncent la dictature des dividendes qui préside à ce véritable dépeçage du service public de l’électricité et du gaz au seul profit des actionnaires de Suez, et démontrent l’intérêt pour le pays d’un grand service public de l’énergie autour notamment d’EDF et de GDF.
 
Au moment où le tandem Chirac-Villepin s’obstine à donner satisfaction au MEDEF, ou Sarkozy invite les députés de l’UMP à serrer les rangs en votant pour ce démantèlement, la droite, après avoir cherché à tourner l’opposition en dérision, au risque de discréditer davantage le Parlement, laisse entendre que l’opposition aurait jeté l’éponge.
 
Il n’en est rien pour les députés communistes et républicains, qui continuent de défendre pied à pied tous leurs amendements, qu’ils ont maintenus. Avec ce travail d’explications et de débat au fond contre le projet de loi, ils restent persuadés qu’un renforcement de la mobilisation populaire est indispensable sur cette question essentielle de l’énergie, à l’image de ce qui s’est passé à propos du CPE, pour permettre de gagner et que soit retiré ce projet de loi.
Par Alain BOQUET
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Mercredi 4 octobre 2006
 
POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE
le débat ne fait que commencer

Le parti de Sarkozy, reniant les engagements pris, vient de voter à l’Assemblée la privatisation  de GDF afin de livrer l’entreprise au groupe privé Suez.
Le ministre de l’Intérieur s’était pour­tant engagé, en 2004, au nom du gou­vernement, à ce que l’État conserve au moins 70 % du capital dans EDF et GDF. C’est donc bien la parole d’État qui a été trahie par celui qui aujourd’hui postule à la magistrature suprême.
Le démantèlement d’une grande entre­prise publique est décidé par la seule UMP au mépris de l’opinion des Fran­çais et des salariés. Les craintes qu’il suscitait pourtant portaient sur les prix et le maintien de l’intégrité de l’entreprise. Balivernes !, répondait alors T. Breton, qui affirmait avec l’aplomb d’un came­lot peu scrupuleux que la fusion permet­trait l’émergence d’un géant européen capable de tirer les tarifs à la baisse auprès des pays producteurs. Las ! Dans sa “ lettre de griefs ” que le gouver­nement s’est efforcé de tenir hors de la connaissance des élus et des citoyens, la Commission européenne conditionne la fusion à l’abandon des contrats à long terme qui garantissent la stabilité tari­faire, les prix réglementés, qui doivent assurer l’accès de tous à l’énergie et exige que le nouvel ensemble aban­donne plusieurs activités.
On en sait un peu plus aujourd’hui : les syndicats ont révélé que les dirigeants de GDF ont proposé de céder 21 % des capacités à la concurrence. Quant à l’abandon des prix réglementés, l’envo­lée de 48 % du tarif “ libéralisé ” en 2005 de l’électricité vendue aux entre­prises est un avant-goût de ce qui menace les consommateurs avec la fusion et la libéralisation du marché de l’énergie en juillet 2007.
L’histoire récente nous enseigne qu’une loi, même votée par la majorité parle­mentaire de droite, peut être défaite grâce au mouvement social, à une pres­sion de l’opinion si forte que le gouver­nement doive revoir leur copie. Cette leçon de démocratie a été infligée au printemps dernier à de Villepin par la jeunesse, qui a balayé le CPE. L’aban­don de la maîtrise publique du gaz à l’heure où l’énergie est au cœur des plus grands conflits contemporains est une faute gravissime qui doit au plus vite être corrigée.
Quelle politique énergétique pour la France et pour l’Europe ? La mobilisa­tion sociale qui se poursuit contre l’ab­sorption de GDF ne peut faire l’écono­mie de ce débat. La gauche notamment doit dire précisément quelle alternative elle avance. Le programme du parti socialiste mentionne la réintroduction du contrôle d’EDF à 100 % public et la constitution d’un pôle public de l’éner­gie. Le Parti communiste propose plus précisément la renationalisation d’EDF-GDF, la fusion des deux entreprises publiques au sein d’Énergie de France et, parallèlement, le renforcement de la présence publique dans le capital de Suez afin d’éviter tout risque d’OPA. En empêchant la discussion publique sur tout autre option, le gouvernement a voulu signifier : “ Hors de la libéralisa­tion, hors de la privatisation, point de salut! ”. Mais le débat ne fait que commencer .
Par Section JOIGNY
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Vendredi 6 octobre 2006
             LOGEMENT
une charge insoutenable

Alors que le ministre Borloo  ne cesse de répéter que tout va bien, les Français eux ont toutes les raisons d’être inquiets pour leur logement.
Locataires ou propriétaires, ils consa­crent au logement une part croissante de leur budget. Selon l’INSEE, le logement est devenu le poste de dépense le plus important des ménages avec 21,3 % du budget, le plus haut niveau jamais atteint ces 20 dernières années. Se loger revient deux fois plus cher que se nourrir ou se déplacer.
Les dépenses courantes (lo­yers, chauffage, éclairage, eau, assurance, entretien, impôts et taxes) pour le logement ont crû de 6,6 % en 2005 par rapport à 2004. En même temps, le pouvoir d’achat des aides personnelles a été amputé en trois ans (2001/2004) de 8 %. L’effet conjugué de la hausse des dépenses et de la baisse du pouvoir “solvabilisateur” des aides au logement a aggravé la situation financière de nom­breuses familles. Car les dépenses loge­ment sont incompressibles, à la diffé­rence d’autres (habillement, loisirs).
Autre source d’inquiétude : la réduction de la capacité d’achat des ménages. Les familles ayant fait le choix de l’acces­sion voient la taille de leur logement futur se réduire.
Quant à la politique du pouvoir, elle est incapable de répondre aux besoins et contribue même à tirer les prix à la hausse. Pourtant, jamais la construction de logements n’aura été aussi dynami­que ces 25 dernières années : 410 000 logements mis en chantier en 2005,
430 000 prévus en 2006. Mais le pro­blème est de savoir pour qui on cons­truit. De 1994 à 2000, près de 70 % des constructions concernaient des loge­ments destinés aux familles à revenus faibles ou moyens. Les revenus modes­tes concernaient 65 % des ventes de logement. Or, cet équilibre est rompu. Jamais si peu de produits nouveaux des­tinés aux ménages à revenus modestes n’auront été présentés sur le marché. Alors que le nombre de logements desti­nés à des ménages qui peuvent se loger sans aide a plus que doublé entre 2000 et 2005, passant de 100 000 à 240 000 unités.
La Fondation Abbé Pierre précise que sur les 410 000 logements nouveaux de 2005, la production de logements à caractère social reste réduite. La part des logements sociaux se limite à 9,7 % des 410 000 logements soit 39 600 unités!
Le bilan du pouvoir est donc simple : une production de logements qui ne vise pas les besoins des plus modestes et qui de toute façon reste très en-deça des besoins. Sur 1,3 million de demandeurs de logements sociaux, les deux tiers ont des ressources inférieures à 60% des plafonds PLUS.
N’en déplaise à M. Borloo, la crise du logement est loin d’être derrière nous .

 
Par PCF
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Vendredi 20 octobre 2006
35 heures dans la restauration : développer les droits sociaux pour créer des emplois
 
 
 
 
 
Le Conseil d'Etat a annulé, hier, l'avenant portant sur le temps de travail de l'accord de branche de juillet 2004, dans le domaine de l'hôtellerie, café et restauration (HCR). Cette décision conduit à la mise en oeuvre stristo sensu des 35 heures, avec un principe de rétroactivité à compter du 1er janvier 2005.

Ce secteur est caractérisé par un potentiel d'emploi et de développement extrêmement important. Pourtant, à cause des conditions de travail et des bas salaires généralisés, il existe une véritable crise de la vocation. De nombreux problèmes existent, la grille salariale date de 1997, le smic hotelier est redevenu un sous-smic, et beaucoup d'emploi ne sont pas pourvus conduisant les salariés à dépasser quasi-systématiquement les 40 heures hebdomadaires.

Le gouvernement a accordé près de 1,5 milliards d'avantages sociaux ainsi que l'engagement de négocier avec la Commission européenne une TVA à 5,5% aux organisations patronales, sur une argumentation basée justement sur les besoins d'embauches pour faire face à la demande.
Le Parti communiste français estime qu'il est temps, aujourd'hui, de passer aux actes et d'accorder aux salariés de l'hôtellerie, des cafés et de la restauration les mêmes droits sociaux que l'ensemble des salariés. C'est le seul moyen pour développer l'emploi et l'activité dans ce secteur.
Par PCF
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Mercredi 15 novembre 2006
 
POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE
l’urgence d’un grand débat public

Si la France, l’Europe a évité de peu samedi dernier, 4 novembre 2006, de se retrouver totalement et pour de longues heures dans le noir, c’est grâce à l’organisation intégrée d’EDF et l’efficacité du système électrique de l’entreprise publique qui a su réagir à temps et faire preuve d’un grand professionnalisme.
Cette panne – qui a plongé dans le noir durant environ une heure dix millions d’européens et cinq millions de Français – est-elle due à une sous-production d’électricité ou à un sous-investissement dans les réseaux de transport d’électri­cité ? Ce qui est certain, c’est que des investissements massifs pour augmenter la capacité de production et de transport de l’électricité sont nécessaires. En tout état de cause, il faut faire la clarté et la transparence sur ce qui s’est réellement passé, les causes et les conséquences de cette panne, en informant largement les usagers, les salariés de ce secteur et les élus.
C’est pourquoi le Parti communiste et ses élus demandent l’ouverture d’une enquête parlementaire à cet effet. La réalité des coupures démontre la nocivité de la politique de libéralisation et de privatisation, qui pourrait déboucher sur de graves catastrophes humaines, socia­les et économiques. En service public, la règle sociale – pour éviter justement les catastrophes – veut que la production soit supérieure aux besoins pour parer aux situations d’augmentation brusque de la consommation, vu l’impossibilité de stockage de l’électricité.
Depuis quelques années, les objectifs de libéralisation et de privatisation ont favo­risé un sous-investissement générant les situations actuelles de pénurie. Les industriels privés qui arrivent sur ce sec­teur recherchent des profits immédiats et travaillent à flux tendus. Ils ne produi­sent que ce qu’ils estiment pouvoir ven­dre. Il n’y a pas de place pour une pro­duction supplémentaire préventive, qui est non stockable et le plus souvent non vendable. Par ailleurs, ces industriels privés organisent volontairement la pénurie pour faire augmenter les prix de l’énergie en considérant les prix actuels peu profitables. C’est pourquoi la mar­chandisation de l’électricité est un non sens social et économique, destructeur des conditions d’existence des popula­tions. Cette politique dogmatique fait l’impasse sur le fait incontestable que la politique énergétique doive avoir pour finalité première la réponse aux besoins vitaux de la société et des activités humaines.
De graves événements comparables ris­quent désormais de se multiplier. Com­bien faut-il de catastrophes pour com­prendre que l’énergie ne doit pas être marchandisée ? Il est vraiment nécessaire de recourir à un moratoire avant début juillet 2007, date de l’ouverture totale du marché aux particuliers. Cela permettra de faire le bilan de la politique de déréglementation en Europe et relan­cer un grand débat public et démocrati­que sur la politique énergétique à pour­suivre pour répondre aux besoins.
 
Cet accident confirme la nécessité de construire un pôle public de l’énergie réunissant entre autres EDF et GDF 100 % public. Il pose aussi en grand l’exigence d’une réponse européenne pour le droit à l’énergie qui passe par la création d’une agence européenne. C’est ce à quoi devrait œuvrer toute la gauche pour mettre fin à l’entreprise de destruction sociale et économique menée par une droite assoiffée de revan­che contre un peuple qui vient de s’op­poser majoritairement à l’Europe libé­rale. C’est ce à quoi travaillent les com­munistes en prenant une grande part au grand rassemblement pour une alterna­tive à la marchandisation des besoins humains et sociaux. C’est ce à quoi tra­vaillent les forces anti-libérales du chan­gement social dans le cadre de la pro­chaine campagne pour les élections pré­sidentielles et législatives.
L’accès à l’énergie relève des droits fondamentaux de tout être humain pour sa dignité et son développement. Sa pro­duction et sa distribution relève donc de la démarchandisation .
Par PCF
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Jeudi 23 novembre 2006
 


Commission nationale Commerce équitable et économie solidaire
- solidaire@pcf.fr

 

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Par PCF
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 1,5 million d’euros

c’est le montant des indemnités négociées par Denis Gautier-Sauvagnac pour son départ de l’UIMM

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